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le malaise Sarkozy le prouve, il faut fermer le CNRS

Un article passionnant dans Le Monde…

Le « malaise lipothymique » dont a été victime dimanche le chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy mettrait à mal l’image d’un « président qui gouverne », alerte et fringant, présent sur tous les fronts et que rien n’essouffle. Ainsi veut croire, à l’instar du quotidien Le Monde, l’ensemble de la presse française.

Dominique Wolton, spécialiste de la communication politique et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), pense le contraire.

« L’incident a renforcé la mythologie de l’hyperprésident qui en fait plus que les autres », dit-il dans un entretien accordé au Temps.

Toujours est-il que Nicolas Sarkozy, 54 ans, donnant la main à son épouse Carla Bruni-Sarkozy, a quitté lundi, souriant, l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris, où il avait été admis après une défaillance pendant son jogging.

Le malaise, qualifié de « lipothymique » dans un communiqué de la présidence, serait dû à un effort soutenu par une grosse chaleur.

Il n’aurait « aucune cause ni conséquence cardiologique ». Aucun traitement n’a été ordonné, mais le programme de travail du président a été allégé.

Le Temps : Peut-on dire, comme la presse française, que « l’image de l’hyper-président en prend un coup » ?

Dominique Wolton : Je ne crois pas qu’un simple malaise suffise à faire vaciller la statue de l’hyper-président. On peut même dire au contraire que l’incident a renforcé sa mythologie. Son entourage en a profité pour accentuer le côté « homme plus jeune que son âge », qui en fait trop, vivant à un rythme de marathonien, enchaînant course à pied et journées surchargées. A son âge, un autre homme en ferait moins, serait moins sportif, etc. Nicolas Sarkozy a un malaise et le voilà transformé en superman. C’est le paradoxe d’une logique de communication qui appuie encore le côté extrême de l’homme. Son image n’est donc pas écornée.

Nicolas Sarkozy sera-t-il amené à saisir l’incident pour changer de style, modérer son allure ?

C’est moins que certain. Plus qu’un style, la folle allure est devenue chez lui un élément de son identité. Très rapidement tout redeviendra comme avant, car il ne peut pas faire autrement. Mais ce n’est pas cela qui en fera un président plus populaire. Il y a une contradiction chez lui, car il n’y a pas de lien direct entre la vitesse, sa gesticulation et la réalité de son action. On reste à la surface des choses et la perception des gens est versatile.

On dit que le style fait l’homme politique. Cela suffit-il pour être crédible ?

Non, je ne crois pas que cela suffise. Les citoyens ont besoin de reconnaître une certaine authenticité. Chez Nicolas Sarkozy, tout est surcodé, surjoué. Les sentiments sont extrêmes, passant d’une grande sévérité à des manifestations d’amitié touchantes. Tout va chez lui tellement vite, tout est à ce point surface que l’on se demande s’il y a encore de la place derrière, s’il y a quelque chose de plus profond. Il y a trop d’exposition du personnage, de sorte qu’il ne laisse pas de place pour un deuxième regard. On a le sentiment qu’il n’a pas le temps d’approfondir les choses.

L’image n’est-elle pas un élément important pour s’imposer en politique ?

La logique d’image ne suffit pas pour s’imposer dans le long terme. La crédibilité et la confiance se construisent avec le temps. Il faut avoir traversé les bonnes et mauvaises situations avec une certaine stabilité, avoir affronté les difficultés avec humilité. Or Nicolas Sarkozy est volontiers cassant, avec un style de banlieue, des expressions comme « casse-toi » qui ne passent pas.

Comme en même temps il joue à l’homme invincible, qui se joue du sort, il y a une sorte de supériorité qui peut créer l’effet inverse. Au fond, les gens s’en moquent. Ils ont l’impression que de toute manière on leur ment, qu’on leur cache quelque chose. Alors ils attendent de voir ce qu’il y a en dessous. Les explications de l’entourage n’ont pas contribué à redonner la vraie dimension à l’événement. Tout est devenu une sorte de récit picaresque dont le président serait le héros…

Comment jugez-vous le traitement médiatique de ce malaise ?

Il y a eu une médiatisation excessive, sans aucun rapport avec l’importance de l’événement. Après tout, le président n’est pas mort. Cela est dû pour une part à la surexposition du chef de l’Etat. Mais la presse en a vraiment trop fait. La presse et les télévisions se sont emballées. On a assisté à une avalanche de commentaires et d’analyses comme si le sort de la République était en jeu. Il y a eu une dramatisation d’un simple malaise qui est malsaine. Bien sûr, les journalistes répondent que c’est ce que veut le public. Mais si la foule veut du sang, doit-on lui en donner ?

Analyse passionnante qui ne justifie absolument pas ce que coûtent les « chercheurs » du CNRS, centre national de la république sucrière.