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Les banquiers sont des abrutis confirme Money Week

« La finance sur un nuage », titre La Tribune.

JPMorgan a annoncé un bénéfice record de 3,6 milliards de dollars et on a appris hier que Wall Street va distribuer pour 140 milliards de bonus, un montant plus élevé qu’en 2007.

Oui, la folie s’est emparée du secteur bancaire. La folie qui leur fait oublier ce qui s’est passé il y a quelques mois à peine.

Les banques sortent de l’ornière pour de nouveau briller au firmament des bénéfices. Il faut bien un peu de folie pour oublier qu’en début d’année, la plupart des banques étaient en phase terminale et qu’il avait fallu moult milliards de dollars d’aide du gouvernement pour les sauver.

Il faut bien un peu d’inconscience pour oublier les victimes – les 123 faillites bancaires aux Etats-Unis depuis 2008. Il faut aussi beaucoup d’inconséquence pour à nouveau foncer tête baissée dans les mêmes erreurs.

Car les banques n’ont évidemment pas appris de la crise. D’où viennent les 3,6 milliards de dollars de bénéfices de JPMorgan ? Le Herald Tribune nous fournit la réponse. Les bénéfices de JPMorgan sont dus à son activité de banque d’investissement, dont les résultats ont plus que doublé par rapport à l’année précédente, en particulier grâce au trading de court terme. Des résultats qui compensent les pertes du secteur des cartes de crédits (crédits à la consommation) ou encore des crédits hypothécaires.

L’économie est schizophrénique. D’un côté, l’économie virtuelle – celle du trading – est florissante. De l’autre côté, l’économie réelle – celle qui transparait à travers les crédits à la consommation ou les crédits hypothécaires – est déclinante. La publication de résultats de Citigroup le confirme d’ailleurs. La banque a annoncé un déficit de 3,2 milliards de dollars et une perte de 8 milliards liée au prêt. Une revanche de l’économie réelle que personne ne veut plus écouter.

Quant aux autres résultats trimestriels annoncés, nous ne savons même pas s’il faut s’en réjouir. Que croyez-vous qu’une entreprise peut faire pour afficher des bénéfices ? Elle n’a en fait que peu de choix, et souvent, elle choisit le plus lapidaire : la réduction des coûts. Couper dans les effectifs et donc alimenter la perdition de l’économie réelle. C’est évidemment une politique à courte vue, les employés devenus chômeurs ne consomment plus.

Qui finira par l’emporter ? L’économie virtuelle ou l’économie réelle ? A MoneyWeek, nous penchons du côté du réel. Que se passera-t-il quand l’économie virtuelle en prendra conscience ? Sûrement rien de positif…