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Marie Ndiaye, le goncourt du ridicule

L’écrivain(e) prix Goncourt qui vit aujourd’hui à Berlin dit tout, son contraire, et n’importe quoi.

Opposée à Eric Raoult dans une bataille médiatico politique, elle s’est mélangée les pinceaux avant de se lancer dans une croisade déplacée pour la liberté d’expression.

Aux dernières nouvelles, Frederic Mitterrand, sévèrement échaudé récemment en terme de polémiques glauques, n’a pas souhaité arbitrer le débat entre Marie NDiaye, Goncourt médiocre et Eric Raoult, ministre quelconque.

Le ministre de la culture a simplement expliqué que bien évidemment les lauréats d’un prix littéraire n’étaient soumis à aucun devoir de réserve et qu’un ministre a le droit de dire ce qu’il pense. La balle au centre.

Les raisons de toute cette agitation ? Les déclarations de Marie NDiaye au Inrocks il y a quelques mois de cela. A la question « vous sentez vous bien dans le France de Sarkozy ? » voici ce qu’elle répondait : « Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous (avec son compagnon, l’écrivain Jean-Yves Cendrey, et leurs trois enfants – ndlr) ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d’être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j’ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d’une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j’aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : “La droite, c’est la mort.” Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n’a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n’a plus. »

Ce sont ces propos qui ont ému Eric Raoult, ministre fragile, qui a du coup demandé stupidement il est vrai à NDiaye de ne pas oublier son « devoir de réserve ». Imbécile bien sûr, il n’y a pas plus de devoir de réserve pour un écrivain Goncourt (ou pas) que pour un chanteur disque d’or (ou pas).

Néanmoins, bon on peut comprendre aussi l’émotion de Raoult devant la diatribe de l’écrivain(e). La France de Sarkozy monstrueuse, la droite c’est la mort, la vulgarité, l’absence de morale, c’est pas qu’une petite charge. L’alibi Duras au milieu, Duras qui n’a pas dit que des conneries, mais qui en a aussi écrites (salut Desproges) n’atténue en rien le côté démagogique, limite populiste sinon grossière de la charge de NDiaye.

Donc Raoult a parfaitement le droit de s’en émouvoir. Mais fait fausse route sur son devoir de réserve.
Le problème est ailleurs. Le problème est que Ndiaye, apparemment très sûre et convaincante dans ses propos du mois d’août, change de ton chez Elkabbach lundi dernier (sans doute impressionnée par le grand journaliste sarkozien) et déclare que ses propos étaient très excessifs : « Je ne veux pas du tout avoir l’air de fuir je ne sais quelle tyrannie insupportable. Simplement, depuis quelques temps, je trouve l’atmosphère en France assez dépressive et morose, il me semble qu’à Berlin en ce moment elle est plus exaltante» explique-t-elle alors, avant d’ajouter dans les Inrocks plus tard : « Je ne voulais pas donner l’impression que Jean-Yves (Cendrey, le compagnon de Marie NDiaye – ndlr) et moi-même nous présentions comme des écrivains des années 30 qui auraient fui le fascisme, car cela aurait été disproportionné. » Il nous semblait bien aussi, qu’il en était ainsi, une charge disproportionnée, une sortie à l’emporte pièce, un peu à la Noah, relativement aisée de la part de gens à l’abri du besoin qui peuvent se présenter sans risque comme des « résistants » mais qui ne résistent à rien, même pas à la tentation de dire n’importe quoi.

Oui mais voilà : quand N’Diaye « affine » ses propos selon ses propres termes, elle ne sait pas encore ce que Raoult a dit. Et alors là ça change tout, on repart comme en 40, si j’ose dire : Au vu de ce qui se passe aujourd’hui avec cette histoire Raoult, je réitère et maintiens mes propos absolument. Mince alors, retour à la case départ. Ce qui était disproportionné redevient juste et sans excès. Donc si l’on suit Ndiaye, elle se présente aujourd’hui sans fard comme un écrivain des années 30 fuyant le fascisme, donc la France de Sarkozy est l’Allemagne d’Hitler ou pas loin. Donc NDiaye, dans son exil, est la porte flambeau des résistants de tous horizons. Une femme puissante et droite, un modèle, un exemple. Qui devrait nénanmmoins se préoccuper de l’importance et du sens des mots : quand elle dit que Raoult est « à la limite de la droite extrême », elle risquerait presque la diffamation. Quand elle dit « il n’empêche qu’hélas le ridicule ne tue pas » à propos toujours de Raoult, elle pousse un peu le bouchon : ce « hélas » est une figure de style douteuse au mieux ou l’expression d’un réel sentiment haineux assez étrange de la part d’une écrivaine un peu trop nerveuse. Et puis si le ridicule tuait, Raoult ne serait pas le seul cadavre dans cette histoire.

Tout ça pour quoi ? Rien, ou presque. A défaut de devoir de réserve, les écrivains primés devraient surtout s’abstenir de parler quand ils n’ont rien à dire que des banalités.

La France de Sarkozy « monstrueuse », litanie entendue largement depuis deux ans dans le milieu show biz rive gauche qui n’a de cesse de caricaturer la vérité pour se déguiser en résistants de la première heure, pour s’inventer une bonne conscience qui ne coûte rien et fait vendre des disques ou des livres. Dans un pays monstrueux où la littérature existerait encore un peu, l’affrontement Raoult-NDiaye n’aurait sa place qu’en pages intérieures de Voici, et encore.