Press "Enter" to skip to content

Egypte, quel avenir pour Israël et le monde…

L’Egypte qui a emboîté le pas à la Tunisie est en contestation depuis une semaine et Hosni Moubarak ne semble pas vouloir prendre la fuite comme son homologue tunisien. Au contraire, l’armée remplace la police pour assurer la répression.
Si il n’est pas sur que les Islamistes prennent le pouvoir en Tunisie, bien que l’arrivée triomphale du leader du mouvement islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, le 30 janvier à Tunis après vingt ans d’exil à Londres ne laisse rien présager de bon, sans l’ombre d’un doute ce sera le cas en Egypte.
Pour Israël dont l’Egypte est un partenaire privilégié dans cette région, c’est assurément un grand sujet d’inquiétude, risquant de voir surgir un nouvel ennemi à l’Ouest.
Pour le reste du Monde, c’est également un sujet d’inquiétude, le Canal de Suez étant le passage des hydrocarbures. Du fait d’une erreur stratégique des Américains en 1956, le canal est passé sous la coupe des Egyptiens.
Le canal de Suez situé en Égypte, long de 190,25 km, d’une largeur de 300 m environ et profond de 22 m relie, via trois lacs naturels, la ville portuaire de Port-Saïd sur la mer Méditerranée et la ville de Suez sur le golfe de Suez partie septentrionale de la mer Rouge, permettant ainsi de relier les deux mers.
Le 17 février 1867, le premier navire empruntait le canal, mais l’inauguration eut lieu le 17 novembre 1869 en présence de l’impératrice Eugénie. Suivaient Ferdinand de Lesseps, ainsi que les administrateurs du canal, à bord du Péluse, de la Compagnie des messageries maritimes. Les Égyptiens montrèrent une grande reconnaissance à la France qui permettait ainsi le développement de leur économie et avait fourni du travail à des centaines de milliers d’ouvriers dans la misère.
La dette extérieure de l’Égypte forçât celle-ci à vendre ses parts au Royaume-Uni au prix très attractif de 4 000 000 £ lui assurant ainsi la route des Indes. En 1882, des troupes britanniques s’installaient sur les rives du canal pour le protéger. Les Anglais parvennaient ainsi à prendre le contrôle du canal sans avoir eu à financer sa construction.

Un point très important, le 29 octobre 1888, la convention de Constantinople confirmât la neutralité du canal, déclaré « libre et ouvert, en temps de guerre comme en temps de paix, à tout navire de commerce ou de guerre, sans distinction de pavillon ».

Le 26 juillet 1956, Nasser, président de la République d’Égypte, nationalisât le canal et transfèrât le patrimoine de la compagnie du canal à la Suez Canal Authority dans le but de financer la construction du barrage d’Assouan à la suite du refus des États-Unis de fournir des fonds. En représailles, les avoirs égyptiens sont gelés et l’aide alimentaire supprimée. Les principaux actionnaires du canal étaient alors britanniques et français. De plus Nasser dénonce la présence coloniale du Royaume-Uni au Moyen-Orient et soutient les nationalistes contre la France dans la guerre d’Algérie.
Le 29 octobre 1956, le Royaume-Uni, la France et Israël se lancent dans une opération militaire, baptisée « opération Mousquetaire » afin de récupérer la souveraineté du canal.
L’opération de Suez dure une semaine. Les Etats-Unis légitimisent l’annexion égyptienne et exigent l’arrêt immédiat de l’expédition franco-israélo-britannique. De nombreux actionnaires, français, britanniques et égyptiens, sont ruinés, l’Égypte refusant de les indemniser.
Avec une Egypte islamistes, qui peut prétendre que les intégristes ne seront pas tentés de bloquer les approvisionnements pétroliers de l’Occident?